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Elle est la Femme
Mais que l'on touche enfin terre puisque l'on nous dit vivre.
Phalanges prêtes à smasher le rire sur d'autres visages eux-mêmes torchés d’ambiguité
Il y a ce vide qu'on peut saisir à pleines poignées, comme s'il était palpable. Ce trou de vide à pénétrer, à violer, à piller de son sang, de sa nuit. Ce rien qui coule dans les flatuosités de nos boyaux à penser.
La Femme est là.
Elle enfonce l'absorbeur dans ses éclaboussures. La Femme se révulse sur la moquette. Sa peau se craquelle de suintements Cola, Pepsi. Renversée dans l'isolement, un dernier soubresaut entre les cuisses témoigne de sa lutte avec l'orgasme, et puis plus rien. La toile se referme. Le tableau retrouve la fixité, le mutisme. La peinture se retire de nous pour nous imposer son silence. Carnation violette, transpiration jaune de Naples, suintement bleu de cobalt, outremer, bleu indien.
Derrière, il y a cette jeune femme qui comme nous regarde et puis qui soudain ne regarde plus.
Nous souhaiterions la savoir folle. Folle à tuer, folle à hurler rien que pour l'aimer un peu.
Nous nous retournons. Beau visage à l'écoute de ce qui ahane et cherche à dire, qui êtes vous sous ce masque trop rieur, souillé de vie rose et facile ?
Et la demoiselle avec morgue et insistance, tourne vers nous cette énigme pâle et défaite que l'on trouve être le visage même de la Mort.
Et comme elle est la Femme, nous succombons...
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