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Son royaume
Ici, c'est son royaume
Elle coulisse ses perles, diadèmes, ses bijoux de nacre et d'alumine, se sangle de cuir et de soie orientale, se cagoule, se scelle, se ficelle, s'harnache. Nous qui ne sommes que des hommes au regard triste avons froid de ce contact sur nos torses d'éphèbes, froid des pierres et des perles.
Traînées de chair de poule exhudant sa fièvre. Pubis, mont de Vénus affolé, aines transpirantes, hanches déhanchées.
La Femme est là, devant nous, prêtresse détentrice d'un incommunicable secret que seules contiennent ses lèvres closes. Créature d'un monde supérieur, vampire ou strige cristallisant en elle tout le sacré de l'univers. Imperturbable gardienne d'un culte du vrai, du beau, divinité sombre sortie d'une toile hallucinée de Gustave Moreau. Ange noir et fatal, veuve insatiable, femme morte aux chairs purpurines et obscènes, aux yeux célestes, à la chevelure nocturne embrassée par la palette de Knoff et de Klimt. Nous croyons reconnaître Salomé.
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