New artist
Mourir.
Mourir alors que tout se rompt.
Mourir si délicieusement, en adagio,
Long cri de plaisir au milieu du chaos,
Cri luxurieux de vie face aux os
Nos lèvres décousues,
Nos plaies érotisées
Foudroyant par jets foutreux
L’espace triste de tout réel
Fous d’alcool et d’ennui, nous tarirons nos bouches
Aux plissures sexuelles de nos épidermes,
Nous saignerons de partout,
Pour faire beau,
Pour faire mal
Personne ne se rencontrera
Personne ne se touchera
Seuls sous l’écorce
Chacun ses os et son vide
On bouffera du larsen
Piquouzés d’indifférence-élégance
Un rire d’anéantissement traversera nos côtes
On ruinera nos têtes dans la fixation d’une névrose commune
Et l’on ne pourra plus parler
Trop dégoûté des formes et du mensonges
Les autres me sangleront de leur malaise
Je ne pourrai plus partir,
Entraîné dans la même dégringolade.
Ils me lapideront de leur silence,
De leurs mots sucrés et si doux.
Rien ne valait cette peine, ce temps usé.
Trop superficiel
Demain du sang
Baudelaire dreams
Où sommes nous ?
Dans les ruines de la cité bombardée ?
Dans les décombres d’un plateau de tournage ?
Dans ce charter vrillant au dessus des mers de corail ?
De la déception froide
Vers une écriture de la réalité
- Stryges noires et nouvelles images - 1980
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