Vinh
Par terre, saoul,
à lécher les éclaboussures des miroirs,
fasciné par la célébrité de sa gueule,
enveloppe brouillonnée de signes,
entremellages d’énigmes lettrées
vers d’autres convergences,
d’autres entretiens,
pour ceux absents de ne plus écouter,
aux bouffissures d’hiver qu’ils lisent.
Par terre, vous savez bien.
Les mains tirées à soi, une dernière fois
et puis la nausée avec ses petits grumeaux
nageant sur le papier.
Le cœur épluché chutant tel un cynisme…
Fluette lune ricanant sans visage,
les trains bondés vers Hanoi,
les premières bouffées,
l’haleine du chanvre.
Ce soir où cendrent les cendres d’une nuit déchirée
ce soir, cette lucidité comme un poignard lumineux dans la plaie.
Ce soir rien ne bouge,
rien ne bougera.
A quoi bon ce que j’ai laissé là bas ?
Quelle évidence sinon ces arbres mordants
sable et poussière,
Cette fille
marchant pieds nus à l’envers de mes rêves,
ces bras qui se déposent, cette main calicée de pierreries
cette eau à nouveau revenue tout noyer.
Tout est si simple ici.
Des mots à dire avec une tâche de rouille
comme une pisse.
Je veux de ces mots l’espoir de ne plus croire,
pour ces blessés vendus aux livres,
une sorte de rire hurlant…
- Chambres d’hôtels - 1982
|